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23# Zoom sur… La Ferrari F40 : le sommet de la pyramide.

Dans l’histoire de l’automobile, beaucoup d’autos d’exception ont su marquer leur nom. On les retient grâce à leurs caractéristiques, leurs performances, leurs innovations ou encore leur popularité… Elles sont au sommet de la chaîne alimentaire des autos de collection ! Mais aux yeux de beaucoup de passionnés, il reste une auto qu’on ne peut pas mettre au niveau des autres, une auto qui trône seule, tout en haut de la pyramide : la légendaire Ferrari F40.

Bien plus qu’une simple voiture, la F40 est une œuvre d’art, une merveille d’ingénierie, une machine à sensations, sans oublier l’histoire qu’elle raconte à travers ses lignes. Puisqu’il s’agit de la dernière Ferrari construite et imaginée par le « Commendatore », j’ai nommé Enzo Ferrari, une auto qui est le reflet de lui-même.

Il faut être dur pour ne pas aimer ces lignes, tant elles sont pures et harmonieuses. Il suffit de la regarder pour comprendre que l’auto n’a rien d’une voiture de série, c’est une véritable voiture de course. On ne le voit rien qu’à sa présence, l’auto dégage une aura digne de la dernière création d’Enzo Ferrari. Très peu critiquée à sa sortie, l’auto est excellente à tous les points de vue. On retiendra d’ailleurs la phrase mythique du regretté José Rosinski, qui fut le premier journaliste et pilote à l’essayer : « Au volant de la F40, je vous promets votre place au paradis des amateurs de conduite sportive. Aucune autre voiture, aujourd’hui ne vous réserve de telles satisfactions, d’aussi intenses moments de bonheur. »

Pour arriver à un tel niveau de conduite, les ingénieurs italiens ont mis au point un châssis tubulaire ultra rigide, sans oublier la carrosserie en carbone pour contenir au maximum le poids de la Ferrari. Parlons maintenant de la cathédrale mécanique qui se trouve en position centrale arrière. Même si Enzo Ferrari, par le passé, ne jurait que par les V12, il fut forcé de constater que le V8 était davantage dans l’air du temps et meilleur pour l’architecture de la F40. Le moteur utilisé est celui présent dans le prototype 288 GTO Evoluzione qui devait courir en Groupe B. La base mécanique est identique, les deux turbos IHI sont conservés, mais le moteur est dégonflé, il passe de 650 à 478 chevaux purs-sang italiens. Bien évidemment, comme la voiture se rapproche davantage de la compétition que de la voiture de série, elle a bien entendu eu une déclinaison circuit.

La Ferrari F40LM. Globalement, la F40 de série était très bien née, mais lorsque celle-ci passe dans les mains de Michelotto, préparateur Ferrari, seulement quelques modifications sont effectuées. Le plus gros changement concerne la gestion moteur, celle-ci est revue avec davantage de pression turbo. La Ferrari F40 LM approche donc des 700 chevaux, et des versions ont vu leur puissance poussée jusqu’à 900 chevaux en qualification, indécent pour l’époque et proche du ratio 1 cheval pour 1 kilo…

Nous vous invitons à regarder le légendaire essai réalisé par Jacques Laffite, le 26 décembre 1992, au volant de la F40 LM sur le circuit du Mas du Clos. Il ne dit aucun mot, on n’y entend simplement le bruit terrifiant de la bête, les passages de vitesses durs et la violence de l’auto. Monsieur Laffite nous fait une très belle démonstration de pilotage, en jouant avec les pédales comme lui seul en a le secret. Bien sûr, à l’occasion de cet essai, il est équipé d’une combinaison de course populaire à l’époque, c’est-à-dire un pull, un pantalon et une paire de mocassins… Quelle belle époque !

Il y aurait encore tellement à raconter sur l’ultime œuvre d’Enzo Ferrari. Au cours de cet article, vous pourrez déjà comprendre à quel point la F40 s’apparente davantage à une œuvre d’art qu’à une simple voiture. Elle est au sommet de son art, sur le trône de la pyramide des voitures de collection, ou alors hors catégorie, tant il est impossible de placer une autre auto aux mêmes niveaux que cette légende.

Calvin FATIN.